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Comment pivoter intelligemment quand son marché est trop petit ? Les leçons de Benjamin Suchar, CEO de Worklife

Benjamin Suchar dans BUILD : entreprendre, pivoter et réinventer les avantages salariés avec Worklife

Dans ce nouvel épisode de BUILD, Xavier Rodriguez reçoit Benjamin Suchar, entrepreneur, cofondateur de Worklife, et ancien fondateur de Yoopies. Un échange dense autour de l’entrepreneuriat, des pivots, de la croissance, de la marque employeur et d’un sujet devenu central pour toutes les entreprises : comment créer plus de valeur pour ses salariés ?

À travers son parcours, Benjamin Suchar raconte comment il est passé d’une première application autour du métro à une plateforme de services à la personne, avant de créer Worklife, une solution qui veut simplifier et centraliser les avantages salariés grâce à une carte de paiement et une application.

Un épisode particulièrement utile pour les dirigeants, entrepreneurs, DRH et managers qui s’interrogent sur l’engagement collaborateur, la fidélisation des talents et la transformation des outils RH.

Un épisode BUILD consacré à l’entreprise, aux salariés et à la marque employeur

Dès le début de l’épisode, Xavier Rodriguez pose le sujet : dans une entreprise de services, la valeur ne se crée pas uniquement pour les clients. Elle doit aussi se créer pour les salariés.

Dans un contexte où les entreprises doivent attirer, engager et fidéliser leurs collaborateurs, la marque employeur devient un enjeu stratégique. Mais une question demeure : comment faire en sorte que les avantages proposés aux salariés soient réellement visibles, utiles et utilisés ?

C’est précisément le terrain de jeu de Worklife, l’entreprise cofondée par Benjamin Suchar. Sa promesse : permettre aux entreprises de regrouper plusieurs dispositifs d’avantages salariés dans une seule carte et une seule application.

Titres restaurant, mobilité, indemnité télétravail, carburant, notes de frais, communication interne : Worklife veut simplifier l’expérience collaborateur et donner aux entreprises un nouveau levier d’engagement.

Qui est Benjamin Suchar ?

Benjamin Suchar se définit simplement : un entrepreneur.

Son moteur, depuis ses débuts, consiste à observer les situations du quotidien et à se demander comment les améliorer. Dans l’épisode, il explique qu’il a toujours cherché à créer des solutions capables de faire évoluer les usages, parfois en allant tester les limites d’un marché, d’un système ou d’une réglementation.

Ce fil rouge traverse tout son parcours.

Avant Worklife, Benjamin Suchar a connu plusieurs aventures entrepreneuriales. Il lance d’abord CheckMyMetro, une application permettant notamment de signaler la présence de contrôleurs dans le métro. Derrière l’aspect provocateur du projet, il y a déjà une réflexion plus large : comment utiliser les données, l’open data et les usages communautaires pour améliorer l’expérience des utilisateurs ?

Il fonde ensuite Yoopies, une plateforme dédiée à la garde d’enfants et aux services à la personne. L’idée naît d’un problème très concret : la difficulté de trouver une personne de confiance pour garder ses enfants. À partir de ce besoin familial, Benjamin construit une entreprise qui va progressivement s’adresser aux particuliers, puis aux entreprises.

Cette trajectoire l’amène finalement à Worklife.

De CheckMyMetro à Yoopies : apprendre à partir d’un irritant réel

L’un des grands enseignements de cet épisode est la manière dont Benjamin Suchar aborde la création d’entreprise.

Il ne part pas d’un concept abstrait. Il part d’un irritant.

Avec CheckMyMetro, l’irritant vient de l’expérience utilisateur dans les transports. À l’époque, l’accès aux plans, aux horaires et aux données du métro est encore limité. Benjamin comprend qu’il existe un espace pour créer de nouveaux usages autour de la mobilité et de la donnée.

Avec Yoopies, l’irritant est encore plus évident : comment trouver rapidement une personne fiable pour garder ses enfants ? Dans un domaine où la confiance est essentielle, les solutions existantes sont alors peu satisfaisantes.

Yoopies se développe progressivement, notamment grâce au référencement, à la presse et à l’exploitation intelligente de la donnée. Benjamin raconte notamment comment l’entreprise publiait chaque année une étude sur le prix du babysitting en France, un contenu à forte valeur médiatique qui contribuait à construire sa notoriété.

Petit à petit, Yoopies élargit son champ d’action : garde d’enfants, ménage, aide à domicile, services à la personne. Puis une nouvelle intuition apparaît : ces sujets ne concernent pas seulement la vie personnelle. Ils concernent aussi l’entreprise.

Quand un salarié rencontre des difficultés de garde ou d’organisation personnelle, son travail est directement impacté. L’entreprise a donc, elle aussi, intérêt à proposer des solutions.

Le pivot vers Worklife : transformer les avantages salariés en levier d’engagement

Le passage de Yoopies à Worklife est l’un des moments les plus intéressants de l’épisode.

Benjamin Suchar explique qu’il finit par identifier un plafond de verre sur son marché. Le marché de la garde formelle reste limité. Pour construire une entreprise plus grande, il faut s’attaquer à un marché plus large.

En parallèle, plusieurs éléments convergent.

D’abord, la crise du Covid transforme les usages. Le télétravail se développe, les cantines d’entreprise perdent en centralité, la mobilité évolue, les salariés viennent davantage au bureau à vélo ou alternent les modes de travail.

Ensuite, Benjamin observe la fragmentation des outils RH. Les entreprises proposent de nombreux dispositifs à leurs collaborateurs : titres restaurant, mutuelle, épargne salariale, mobilité, télétravail, notes de frais, cartes carburant. Mais ces dispositifs sont souvent éparpillés, mal connus et peu visibles.

Enfin, il constate que les plateformes RH classiques ont parfois des taux d’usage faibles. Les salariés ne se connectent pas spontanément à un outil uniquement parce qu’il existe.

C’est là que la carte de paiement devient une idée forte.

Une carte utilisée au quotidien peut devenir un point d’entrée naturel dans la vie du salarié. Si elle permet de payer son déjeuner, son transport, son carburant ou d’autres dépenses liées à l’entreprise, elle devient utile. Et si elle est associée à une application, elle peut aussi devenir un canal de communication et d’engagement.

Worklife naît de cette intuition : regrouper les avantages salariés dans une expérience simple, concrète et quotidienne.

Worklife : une carte pour centraliser les avantages salariés

Dans l’épisode, Benjamin Suchar présente Worklife comme une solution qui permet de regrouper plusieurs dispositifs d’avantages salariés sur une carte de paiement et une application.

Le titre restaurant est souvent le premier cas d’usage. Mais la vision est beaucoup plus large.

Worklife peut aussi intégrer :

  • le financement des trajets domicile-travail ;
  • la mobilité durable ;
  • l’indemnité télétravail ;
  • les dépenses de carburant ou de recharge électrique ;
  • les notes de frais ;
  • d’autres dispositifs financiers proposés au-delà du salaire.

L’enjeu n’est donc pas seulement de digitaliser le titre restaurant. L’ambition est de créer une carte professionnelle universelle, capable de simplifier la vie des salariés et des entreprises.

Pour les collaborateurs, cela permet d’avoir moins d’outils, moins de cartes, moins de complexité.

Pour les entreprises, cela permet de rendre leur politique sociale plus visible, plus lisible et plus concrète.

Un “cheval de Troie” pour la marque employeur

L’une des formules fortes de l’épisode est celle du cheval de Troie.

Benjamin Suchar explique que la carte et l’application Worklife permettent à l’entreprise de s’inscrire dans le quotidien du salarié. Ce n’est plus un avantage abstrait présenté une fois par an dans un document RH. C’est un outil utilisé régulièrement.

C’est particulièrement important pour les entreprises qui ont des salariés de terrain, des collaborateurs détachés ou des équipes qui ne passent pas leur journée devant un ordinateur.

Dans ces organisations, l’email interne ou l’intranet ne suffisent pas toujours. Il faut trouver d’autres canaux pour créer du lien.

Avec une application liée à des usages financiers réels, l’entreprise peut mieux communiquer, envoyer des informations, valoriser ses dispositifs sociaux et renforcer le sentiment d’appartenance.

C’est un sujet que Xavier Rodriguez connaît bien à travers son expérience de dirigeant : même lorsqu’une entreprise fait beaucoup pour ses salariés, encore faut-il que ces efforts soient compris, visibles et utilisés.

Un marché historique en pleine transformation

L’épisode aborde aussi un sujet plus sensible : le fonctionnement du marché des titres restaurant.

Benjamin Suchar revient sur les modèles économiques des acteurs historiques, les commissions prélevées aux restaurateurs et les limites d’un système qu’il juge déséquilibré. Selon lui, certains modèles reposent trop fortement sur les restaurateurs, notamment les plus petits, qui n’ont pas toujours le pouvoir de négociation suffisant.

Ce passage permet d’ouvrir une réflexion plus large : comment transformer un marché ancien, réglementé et dominé par quelques acteurs ?

Pour Worklife, la réponse passe par une approche différente : s’appuyer sur la carte de paiement, les usages réels et un modèle plus proche des mécanismes bancaires classiques.

L’adossement au Crédit Agricole prend ici tout son sens. Il permet à Worklife de bénéficier de la solidité d’un grand groupe, notamment sur un marché où la distribution, la confiance et les infrastructures de paiement sont déterminantes.

Croissance, grands comptes et distribution : les leçons business de Benjamin Suchar

Au-delà du sujet RH, cet épisode est aussi une masterclass entrepreneuriale.

Benjamin Suchar partage plusieurs enseignements sur la croissance et la vente aux grands comptes.

Il raconte notamment comment Worklife a réussi à signer Amazon très tôt dans son développement. Une étape décisive, rendue possible par plusieurs facteurs : son expérience du B2B avec Yoopies, son réseau de DRH, la crédibilité construite dans ses précédentes aventures, mais aussi la capacité de l’équipe à répondre à un besoin produit très concret.

L’épisode rappelle une vérité souvent sous-estimée : dans une startup, le produit ne suffit pas. Il faut aussi maîtriser la distribution, comprendre les cycles de vente, identifier les bons interlocuteurs et savoir créer la confiance.

Benjamin évoque également la différence entre croître vite en brûlant beaucoup d’argent et croître avec efficacité. Sur un marché concurrentiel, la vitesse est importante, mais elle ne dit pas tout. La qualité du modèle, l’efficacité commerciale et la capacité à tenir dans le temps sont tout aussi essentielles.

Les grands enseignements de l’épisode

Cet échange entre Xavier Rodriguez et Benjamin Suchar permet de retenir plusieurs leçons fortes.

D’abord, les meilleures idées d’entreprise naissent souvent d’un problème vécu. Qu’il s’agisse du métro, de la garde d’enfants ou des avantages salariés, Benjamin part toujours d’un usage concret.

Ensuite, un pivot n’est pas un échec. C’est parfois la condition pour survivre, grandir et trouver un marché plus ambitieux.

Troisième enseignement : la marque employeur ne se limite pas à un discours. Elle se construit dans des preuves concrètes, dans des outils utiles et dans la capacité d’une entreprise à faciliter la vie de ses collaborateurs.

Quatrième point : les marchés réglementés ne sont pas fermés à l’innovation. Ils demandent simplement une compréhension fine des règles, des acteurs, des équilibres économiques et des usages.

Enfin, Benjamin Suchar montre qu’un entrepreneur doit savoir rester en mouvement. Son moteur n’est pas seulement la croissance pour la croissance. C’est le fait d’apprendre, de tester, de créer et d’aller explorer le “coup d’après”.

Pourquoi écouter cet épisode de BUILD ?

Cet épisode s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à l’entreprise sous un angle concret : dirigeants, fondateurs, DRH, managers, responsables communication interne, entrepreneurs ou investisseurs.

On y parle de sujets très opérationnels : avantages salariés, titres restaurant, outils RH, communication avec les collaborateurs, vente aux grands comptes, acquisition, pivot, levée de fonds et croissance.

Mais on y parle aussi d’une question plus profonde : quel rôle l’entreprise doit-elle jouer dans la vie de ses salariés ?

Pour Xavier Rodriguez, c’est un enjeu central. Pour Benjamin Suchar, c’est un terrain d’innovation. Et pour les entreprises, c’est sans doute l’un des grands sujets des prochaines années.

Écouter l’épisode complet de BUILD avec Benjamin Suchar

Dans cet épisode de BUILD, Benjamin Suchar partage sans filtre son parcours, ses intuitions, ses pivots, ses réussites et sa vision de l’avenir des avantages salariés.

Un échange à écouter pour comprendre comment une idée née d’un irritant du quotidien peut devenir une entreprise capable de transformer un marché historique.

Écoutez l’épisode complet de BUILD avec Benjamin Suchar sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes d’écoute.

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