Guérin Chatenet : parcours, méthode et vision d’un directeur des opérations chez JARNIAS
Guérin Chatenet incarne un parcours rare dans l’univers des travaux en hauteur : un profil venu de la maintenance industrielle, passé par l’international, l’entrepreneuriat, puis par une progression rapide sur le terrain jusqu’à devenir directeur des opérations chez JARNIAS. Dans son échange avec Xavier Rodriguez dans BUILD, il raconte un chemin marqué par l’envie de rejoindre un collectif, par l’importance de la sécurité, par une forte capacité d’adaptation et par une progression fondée sur la compétence plus que sur l’ancienneté. Son expérience sur Notre-Dame, la Tour Eiffel ou encore la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris éclaire une vision très concrète du métier : travailler avec méthode, rester humble, faire confiance aux équipes et relever des défis complexes avec exigence.
Il y a des parcours linéaires. Celui de Guérin Chatenet ne l’est pas. Et c’est précisément ce qui le rend intéressant.
À travers son intervention dans BUILD, on découvre un professionnel qui ne s’est pas construit dans un cadre standardisé, mais dans le mouvement, l’expérience et l’envie constante d’apprendre. Son portrait dit beaucoup de lui, bien sûr, mais aussi de ce que recherchent aujourd’hui les entreprises confrontées à des projets complexes : des profils capables de comprendre le terrain, de sécuriser l’exécution, d’accompagner les équipes et de prendre du recul quand les enjeux grandissent.
Un parcours atypique avant les travaux sur cordes
Avant d’évoluer dans l’univers des travaux sur cordes et des grands chantiers, Guérin Chatenet a d’abord exercé dans la mécanique industrielle et la maintenance industrielle. Il explique avoir réalisé de nombreuses missions à l’international, sur des machines industrielles, dans différents pays. Cette première étape lui a permis de clarifier ce qu’il recherchait vraiment dans un métier : du mouvement, du défi technique, du collectif et un rapport plus direct au terrain.
Ce point est important, car il donne une clé de lecture de tout son parcours. Guérin Chatenet n’a pas seulement changé de secteur. Il a cherché un environnement professionnel plus aligné avec ce qu’il voulait vivre au quotidien.
Le refus de l’isolement comme moteur de réorientation
Dans BUILD, il dit très clairement qu’il ne voulait plus travailler seul. Les déplacements internationaux lui avaient apporté de l’expérience, mais aussi une forme de lassitude liée à la solitude des missions : voyager seul, travailler seul, manger seul. Il cherchait au contraire un métier plus collectif, plus concret, plus ancré dans l’échange avec les équipes.
Ce passage est révélateur. Il montre que son orientation vers les travaux sur cordes n’est pas seulement technique. Elle répond aussi à un besoin humain : retrouver une dynamique d’équipe, un environnement vivant, une proximité avec les autres.
L’entrepreneuriat en Normandie, première école du métier
Avant d’arriver chez JARNIAS, Guérin Chatenet raconte avoir monté une entreprise en Normandie. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’il découvre les travaux sur cordes, par l’intermédiaire d’un ami. Il précise même qu’il n’était pas du tout cordiste avant de créer cette société, et qu’il a appris ce métier pour pouvoir développer l’entreprise. L’expérience a duré près de deux ans.
Cet épisode montre une autre facette de son profil : la capacité à apprendre vite, à entreprendre et à se confronter au réel sans attendre d’avoir un parcours parfaitement balisé. Il reconnaît d’ailleurs que cette première aventure s’est construite alors qu’ils n’avaient pas forcément le bon marché ni toute la maturité nécessaire, mais qu’elle lui a beaucoup appris.
La découverte d’un métier plus structuré chez JARNIAS
Le premier contact de Guérin Chatenet avec JARNIAS se fait sur une mission à Disney, en intérim. Dans l’échange, ce point apparaît comme un tournant important. Il découvre alors un environnement plus organisé, plus cadré, plus professionnel dans sa manière d’aborder les opérations.
Ce changement de cadre joue un rôle décisif dans son engagement durable au sein de l’entreprise. Il ne s’agit plus seulement d’exécuter une mission, mais d’intégrer une structure où les méthodes, les responsabilités et les possibilités d’évolution sont plus lisibles.
La sécurité comme colonne vertébrale de sa vision du métier
L’un des traits les plus marquants du portrait de Guérin Chatenet est son attachement au cadre de sécurité.
Dans BUILD, il explique avoir toujours trouvé ce sujet “super intéressant”, en particulier tout ce qui touche au process, au cadre et à la prévention des situations à risque. Il insiste sur le rôle essentiel de la formation, qu’il considère comme une garantie de sécurité pour les clients, pour les équipes et pour les responsables qui pilotent les opérations. Il explique aussi que le fait de savoir les collaborateurs bien formés, diplômés et accompagnés par des profils expérimentés lui permet de travailler avec davantage de sérénité.
Cette approche éclaire bien sa manière de penser son rôle. Pour lui, la sécurité n’est pas une contrainte administrative. Elle fait partie intégrante de la qualité d’exécution et de la responsabilité managériale.
Une progression rapide, fondée sur la compétence
C’est sans doute l’un des éléments les plus forts de son parcours.
Guérin Chatenet explique que l’une des raisons de son engagement chez JARNIAS tient à la possibilité d’évoluer sans barrières. Contrairement à d’autres environnements plus figés, il décrit une organisation où l’on peut progresser si l’on montre que l’on sait faire. Son parcours en est l’illustration directe : il entre comme technicien intérimaire, puis passe successivement par les fonctions de chef d’équipe, chef de chantier, conducteur de travaux principal, directeur d’exploitation, responsable performance, avant de devenir directeur des opérations.
Ce passage en dit long sur sa trajectoire, mais aussi sur sa philosophie de travail. Il ne met pas en avant un titre. Il met en avant une progression par l’action, l’apprentissage et la preuve.
Du terrain au pilotage des grands projets
Sa progression ne l’a pas coupé du terrain. Au contraire, l’épisode montre qu’il a construit sa légitimité dans l’opérationnel.
Quand Xavier Rodriguez évoque les années à Lyon, le petit local de départ et les grands chantiers réalisés malgré des moyens limités, Guérin cite notamment le Musée des Confluences, l’aéroport ou encore l’Hôtel-Dieu. Cette période illustre bien une idée centrale de son parcours : l’expérience se forge dans l’action, souvent dans des contextes exigeants, bien avant d’arriver à des fonctions de direction.
C’est ce qui donne à son profil une épaisseur particulière. Il ne dirige pas des opérations depuis la distance. Il connaît très concrètement ce que signifie intervenir, organiser, sécuriser et produire sur des chantiers complexes.
Notre-Dame, un tournant professionnel et humain
Le chantier de Notre-Dame occupe une place à part dans le portrait de Guérin Chatenet.
Dans l’épisode, Xavier Rodriguez rappelle qu’il est la première personne qu’il a appelée pour rejoindre le chantier le lendemain de l’incendie. Guérin raconte l’urgence, l’appel en pleine journée, la nécessité de réunir une équipe, de trouver du matériel, puis son arrivée sur un site exceptionnel par sa portée patrimoniale et par le niveau de risque. Il explique aussi qu’il n’aurait jamais imaginé y rester cinq ans.
Il décrit ensuite une phase de sécurisation extrêmement intense, avec près de quarante cordistes se relayant jour, nuit et week-end pendant près d’un an et demi, y compris pendant le Covid. Il insiste sur le caractère inédit du chantier, sur les défis quotidiens et sur la nécessité de rester concentrés avec tous les corps d’état pour trouver des solutions.
Ce que Notre-Dame lui a appris
C’est probablement la partie la plus forte de son témoignage.
Guérin Chatenet raconte avoir dormi sur place à cause des alarmes et des risques de chute d’éléments. Il parle de Notre-Dame comme d’une leçon de vie, bien au-delà du simple plan professionnel. Selon ses propres mots, cette expérience lui a appris l’humilité, le travail d’équipe, la conviction qu’aucun défi n’est impossible si l’on travaille intelligemment avec les bonnes personnes, mais aussi la nécessité de séquencer les projets, de déléguer et de prendre du recul face à un chantier trop vaste pour être appréhendé d’un seul bloc.
Ces enseignements sont précieux, car ils résument très bien son style professionnel : intensité, exigence, confiance et capacité à structurer l’action.
Une reconnaissance qui dépasse le cadre individuel
Le chantier Notre-Dame a aussi valu à Guérin Chatenet une reconnaissance symboliquement forte : la médaille de l’Académie d’architecture pour le travail réalisé sur ce projet. Il explique avoir vécu cette distinction comme quelque chose d’inespéré, tout en rappelant que sa plus grande fierté restait de représenter ses métiers, de montrer l’ampleur de leurs capacités et de voir ses équipes heureuses de participer à un chantier aussi chargé de sens.
Ce passage est révélateur d’un trait important de sa personnalité : même lorsqu’il reçoit une reconnaissance personnelle, il continue à parler du collectif et de la valeur du métier.
Après Notre-Dame : continuer à relever des défis
La sortie d’un chantier aussi intense n’a pas été anodine. Guérin Chatenet explique qu’après une telle aventure, les opérations du quotidien peuvent paraître presque fades par contraste, tant Notre-Dame a consommé d’énergie, de temps et d’engagement.
Pourtant, la dynamique ne s’arrête pas là. Dans l’échange, Xavier Rodriguez évoque la 20e campagne de peinture de la Tour Eiffel ainsi que la sécurisation de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques sur les toits de Paris. Guérin parle de la fierté éprouvée devant le professionnalisme de ses équipes, et du fait qu’il a dû leur faire totalement confiance quand il ne pouvait pas être partout à la fois.
Ce point est important, car il montre l’évolution de son rôle : rester proche du terrain, tout en apprenant à déléguer davantage sur des opérations multisites ou de grande ampleur.
Une vision claire de l’évolution et de la mobilité
Dans la dernière partie de l’échange, Guérin Chatenet insiste aussi sur l’importance de la mobilité pour celles et ceux qui veulent progresser. Il explique qu’il est aujourd’hui possible de travailler plus près de sa région grâce aux filiales, mais que les profils qui veulent vraiment évoluer doivent rester capables de se rendre disponibles pour des projets particuliers, parfois en France, parfois à l’étranger. Il cite notamment des interventions en Arabie saoudite ou à La Réunion.
Pour lui, cette mobilité n’est pas une contrainte gratuite. Elle permet de gagner en expérience, de relever des défis, d’accélérer sa progression et de saisir des opportunités que peu de métiers offrent avec une telle intensité.
Un directeur des opérations qui reste guidé par le terrain
À travers l’ensemble de son témoignage, une chose apparaît clairement : Guérin Chatenet n’a pas construit sa carrière contre le terrain, mais à partir de lui.
Il parle de sécurité, de formation, de responsabilité, de progression et de confiance avec des mots très concrets. Il valorise les équipes, le collectif, l’humilité et la capacité à apprendre en continu. Il ne présente jamais la direction des opérations comme une fonction abstraite. Il la relie toujours à la réalité des chantiers, à la qualité des hommes et des femmes qui les portent, et à la nécessité de rester utile dans l’action.
Ce qu’il faut retenir du parcours de Guérin Chatenet
Le parcours de Guérin Chatenet est intéressant parce qu’il conjugue plusieurs dimensions rarement réunies avec autant de cohérence : une base technique, une expérience internationale, un passage par l’entrepreneuriat, une progression rapide en entreprise, une forte culture sécurité et une expérience directe de chantiers parmi les plus emblématiques de ces dernières années.
Ce portrait montre surtout une chose : derrière le directeur des opérations, il y a un professionnel qui s’est construit par étapes, par engagement et par responsabilité. Un profil de terrain devenu pilote de projets complexes, sans jamais perdre le sens du collectif ni le respect du métier.