Jean-Charles Samuelian-Werve dans BUILD : construire Alan, transformer la santé et scaler sans renier sa culture
Dans ce nouvel épisode de BUILD, Xavier Rodriguez reçoit Jean-Charles Samuelian-Werve, cofondateur d’Alan, pour un échange de fond sur la croissance, la santé, la culture d’entreprise et l’avenir du soin.
Comment construire une entreprise dans un secteur aussi réglementé que la santé ? Comment passer d’une idée ambitieuse à une scale-up de plusieurs centaines de collaborateurs ? Comment préserver une culture forte quand l’organisation grandit vite ? Et comment utiliser la technologie, la data et l’intelligence artificielle pour rendre la santé plus simple, plus préventive et plus accessible ?
Autant de questions au cœur de cet épisode, dans lequel Jean-Charles Samuelian-Werve partage une vision précise : construire une entreprise à fort impact exige de la clarté stratégique, une culture assumée et un optimisme méthodique.
Un épisode BUILD consacré à la croissance, à la santé et à la culture d’entreprise
BUILD est le podcast de celles et ceux qui construisent, transforment et font grandir les entreprises. Avec Jean-Charles Samuelian-Werve, l’épisode explore un sujet central pour tous les dirigeants : comment scaler sans se perdre.
Alan est une entreprise particulière dans l’écosystème français. Elle évolue dans un secteur complexe, celui de l’assurance santé et de l’accès aux soins. Un secteur très réglementé, historiquement dominé par de grands acteurs, où l’innovation semble souvent difficile.
Pourtant, c’est précisément ce type de marché qui intéresse Jean-Charles Samuelian-Werve. Dans l’épisode, il explique aimer regarder les endroits où les autres voient des problèmes, des lourdeurs ou des blocages. Là où beaucoup concluent qu’il est impossible d’innover, lui cherche une faille, une opportunité et un impact possible.
Cette approche résume une grande partie de l’esprit entrepreneurial d’Alan : partir d’un problème difficile, comprendre les frictions, construire une solution ambitieuse, puis avancer avec méthode.
Pourquoi créer une entreprise dans la santé ?
La santé n’est pas un marché comme les autres. Elle touche à l’intime, au quotidien, à la confiance, à la vulnérabilité et à la qualité de vie. Elle est aussi marquée par des contraintes fortes : réglementation, coûts, accès aux médecins, désertification médicale, inflation des dépenses, complexité administrative.
Jean-Charles Samuelian-Werve explique que son intérêt pour la santé vient de loin. Il grandit avec deux parents médecins hospitaliers. Il observe très tôt la beauté du métier de soignant, mais aussi les dysfonctionnements du système : les difficultés d’accès, les parcours complexes, les frustrations, les coûts et le manque de fluidité pour les patients.
Cette expérience personnelle nourrit une conviction profonde : la santé doit devenir plus simple à comprendre, plus facile à utiliser et plus orientée vers la prévention.
Avant Alan, Jean-Charles Samuelian-Werve participe déjà à une aventure entrepreneuriale dans un secteur complexe : les sièges d’avion. Là encore, le marché semble difficile, dominé par de grands acteurs, avec de fortes barrières à l’entrée. Mais cette première expérience lui apprend à construire étape par étape, à avancer avec ambition et à chercher l’innovation là où les autres voient une impossibilité.
Alan : rendre la santé plus accessible et plus préventive
Avec Alan, Jean-Charles Samuelian-Werve veut transformer l’expérience de santé. L’ambition ne consiste pas seulement à proposer une assurance santé plus simple. Il s’agit de créer un acteur capable d’accompagner les personnes dans leur santé au quotidien.
Dans l’épisode, il explique que l’assureur peut devenir un acteur clé du système, car il est en contact avec les entreprises, les individus, les professionnels de santé, les hôpitaux et les pharmacies. Cette position peut permettre de financer l’innovation, la prévention et un meilleur accès aux soins.
La vision d’Alan repose sur plusieurs objectifs : simplifier l’assurance santé, faciliter la navigation dans le système de soins, lutter contre l’inflation médicale, améliorer la prévention et aider les personnes à vivre mieux plus longtemps.
Cette idée est centrale. Pour Jean-Charles Samuelian-Werve, la santé ne devrait pas être seulement réactive. Elle ne devrait pas être un sujet que l’on ouvre une fois par an, lorsqu’un problème survient. Elle devrait devenir plus quotidienne, plus lisible, plus engageante et plus personnalisée.
De l’idée à l’entreprise qui compte : la méthode Alan
L’un des passages les plus intéressants de l’épisode concerne la manière dont Alan est née.
Avant de créer l’entreprise, Jean-Charles Samuelian-Werve et son cofondateur passent près d’un an à itérer. Ils lisent, rencontrent des experts, échangent avec des acteurs du ministère de la Santé, des médecins, des hôpitaux, des cliniques et des patients.
Cette phase d’exploration est essentielle. Elle permet de passer d’une intuition à une conviction. Elle permet aussi de comprendre le marché, ses contraintes, ses acteurs et ses points de friction.
Jean-Charles Samuelian-Werve décrit cette construction comme un mélange d’analyse et d’émotion. Il faut réfléchir, étudier, modéliser. Mais il faut aussi sentir ce qui résonne avec soi, avec les interlocuteurs, avec la société et avec le problème que l’on veut résoudre.
Une fois la conviction formée, il faut construire : comprendre la réglementation, attirer les premiers talents, définir le produit, écrire la vision, puis exécuter progressivement.
Cette méthode montre qu’une ambition forte ne suffit pas. Pour créer une entreprise durable, il faut la traduire en séquence, en étapes, en priorités et en décisions concrètes.
Une vision écrite dès le départ
Dans BUILD, Xavier Rodriguez interroge Jean-Charles Samuelian-Werve sur l’importance de l’écrit. Cette question est particulièrement intéressante, car Alan a très tôt formalisé sa vision.
Dès le départ, les grandes lignes sont posées : commencer par construire la meilleure assurance santé, d’abord pour les petites entreprises, puis pour des entreprises plus grandes ; lancer ensuite de nouveaux services ; s’internationaliser étape par étape ; élargir progressivement l’offre vers la prévention et l’accès aux soins.
Le chemin réel n’est jamais exactement celui que l’on imagine. Certaines hypothèses se confirment, d’autres évoluent. Mais selon Jean-Charles Samuelian-Werve, la direction générale est restée très proche de la vision initiale.
Cette clarté stratégique est l’un des enseignements majeurs de l’épisode. Une entreprise en croissance a besoin d’un cap. Lorsque les équipes savent où elles vont, pourquoi elles y vont et dans quel ordre les étapes doivent être franchies, l’exécution devient plus cohérente.
La culture comme deuxième balise de croissance
Pour Jean-Charles Samuelian-Werve, une entreprise ne se construit pas seulement avec un produit et une stratégie. Elle se construit aussi avec une culture.
Dans l’épisode, il explique qu’il existe deux grandes balises : les milestones, c’est-à-dire les étapes de construction du produit et de l’entreprise ; et la culture, c’est-à-dire la manière de travailler, de décider, de recruter, de communiquer et de faire grandir les équipes.
Chez Alan, la culture a été écrite très tôt. Elle sert à aligner les cofondateurs, à clarifier les principes de fonctionnement et à déterminer les compromis acceptables ou non. Jean-Charles Samuelian-Werve souligne d’ailleurs que beaucoup de startups explosent à cause d’un désalignement entre cofondateurs, souvent parce que ce travail culturel n’a pas été fait assez tôt.
La culture n’est donc pas un supplément d’âme. Elle devient une infrastructure. Elle permet d’attirer les bonnes personnes, d’écarter celles qui ne seraient pas à l’aise dans ce fonctionnement et de créer une cohérence à mesure que l’entreprise grandit.
Transparence radicale, autonomie et feedback
La culture d’Alan repose sur plusieurs principes forts.
Le premier est la transparence radicale. Jean-Charles Samuelian-Werve explique que l’information est largement accessible en interne : décisions, documents, échanges stratégiques, conseils d’administration, salaires, capital. Cette transparence demande une discipline importante, car tout doit être expliqué, documenté et contextualisé.
Le deuxième principe est l’autonomie. Alan cherche à donner le plus de pouvoir possible aux équipes pour prendre des décisions et agir. Cette autonomie ne signifie pas l’absence d’exigence. Elle s’accompagne au contraire d’une boucle de feedback intense, destinée à améliorer les décisions, les produits et les modes de travail.
Le troisième principe est le biais pour l’action. L’entreprise valorise la capacité à décider avec une partie de l’information disponible, plutôt que d’attendre une certitude parfaite. Jean-Charles Samuelian-Werve parle de décisions prises avec 70 % de la donnée. L’objectif est d’apprendre en avançant, d’itérer et de corriger vite.
Ces principes donnent à Alan une culture très spécifique. Elle n’est pas faite pour tout le monde, et Jean-Charles Samuelian-Werve l’assume. L’enjeu n’est pas de plaire à tous les candidats, mais d’attirer les personnes capables de s’épanouir dans ce mode de fonctionnement.
Comment garder une culture forte quand l’entreprise grandit ?
La question de l’échelle traverse tout l’épisode.
Quand une entreprise passe de quelques personnes à plusieurs centaines de collaborateurs, la culture peut se diluer. Les nouveaux arrivants n’ont pas vécu les débuts. Les mécanismes informels ne suffisent plus. Les relais deviennent plus nombreux. Les risques de malentendus augmentent.
Jean-Charles Samuelian-Werve explique que la culture ne peut pas rester forte si elle se limite à des mots. Elle doit être intégrée dans les mécanismes du quotidien.
Chez Alan, cela passe par la manière de prendre des décisions, l’accès à l’information, les feedbacks, les objectifs hebdomadaires, les documents internes, le recrutement, l’onboarding et la façon dont les équipes travaillent ensemble.
Cette idée est très utile pour tous les dirigeants : une culture n’existe réellement que lorsqu’elle se voit dans les comportements. Elle doit apparaître dans les réunions, les arbitrages, les recrutements, les promotions, les désaccords et les rituels de travail.
Jean-Charles Samuelian-Werve résume cette logique avec une conviction forte : il faut accepter de faire évoluer les processus, mais ne pas diluer les convictions clés. Les méthodes peuvent changer lorsque l’entreprise passe de 5 à 500 personnes. Les valeurs fondamentales, elles, doivent rester lisibles.
Le rôle de l’écrit dans la transmission
L’écrit occupe une place centrale dans la manière dont Alan fonctionne.
La documentation permet de transmettre le contexte, de rendre les décisions accessibles, d’aider les nouveaux arrivants à comprendre la stratégie et d’éviter que l’information reste concentrée entre quelques personnes.
Dans l’épisode, Jean-Charles Samuelian-Werve explique qu’un jeune collaborateur peut accéder à des discussions stratégiques, lire les raisonnements des leaders, comprendre les questions posées et apprendre très vite par observation.
Cette approche transforme l’écrit en outil d’apprentissage collectif. Elle permet de créer une forme de mentorat permanent, où chacun peut comprendre comment les décisions sont prises et comment les personnes expérimentées raisonnent.
Pour une entreprise en croissance, ce point est décisif. Plus l’organisation grandit, plus la transmission implicite devient difficile. L’écrit permet de conserver la mémoire, d’accélérer l’onboarding et de créer une base commune.
Alan Play : rendre la prévention santé plus engageante
Au-delà de la culture, l’épisode aborde en profondeur la vision santé d’Alan.
Jean-Charles Samuelian-Werve explique que le système de santé doit devenir plus préventif. La technologie peut aider chacun à agir plus tôt, plus simplement et plus régulièrement sur sa santé.
C’est dans cette logique qu’Alan développe notamment Alan Play, un outil qui utilise les sciences comportementales pour rendre la prévention plus engageante. L’objectif est d’aider les membres à bouger davantage, à prendre soin de leur santé mentale, à mieux respirer, à pratiquer le journaling, à adopter de meilleures routines et à se sentir mieux dans leur quotidien.
L’enjeu est important : la santé est en concurrence avec les usages numériques les plus addictifs. Pour que la prévention devienne une habitude, elle doit être simple, motivante et intégrée dans la vie de tous les jours.
Cette approche illustre la transformation que veut porter Alan : passer d’une santé subie à une santé accompagnée, plus quotidienne et plus accessible.
IA, data et santé personnalisée
L’épisode ouvre également une réflexion sur la data et l’intelligence artificielle dans la santé.
Jean-Charles Samuelian-Werve imagine un système où chacun pourrait être mieux accompagné grâce à des informations de santé plus utiles, mieux organisées et mieux exploitées. Il évoque notamment des assistants médicaux capables d’aider à trouver la bonne information, à orienter vers le bon soin ou à répondre à des questions que les patients n’osent pas toujours poser.
Mais il insiste aussi sur la confiance. Pour lui, les données doivent être utilisées avec consentement, dans l’intérêt des utilisateurs et pour améliorer la prévention personnalisée. Il rappelle que la donnée ne doit pas servir au pricing d’assurance, mais à mieux accompagner les personnes.
Ce point est essentiel. Dans la santé, l’innovation ne peut pas avancer sans confiance. La technologie n’a de valeur que si elle respecte les utilisateurs, protège leurs données et améliore réellement leur expérience.
Un modèle économique fondé sur la valeur créée
Xavier Rodriguez interroge également Jean-Charles Samuelian-Werve sur un sujet sensible : comment gagner de l’argent dans la santé sans créer de défiance ?
La réponse repose sur deux idées : transparence et valeur.
Jean-Charles Samuelian-Werve explique qu’Alan cherche à être transparent sur ses chiffres, ses résultats, ses marges et son modèle. Il insiste aussi sur la nécessité de créer tellement de valeur pour les membres et les entreprises que le modèle économique devient compréhensible.
Cette valeur peut prendre plusieurs formes : meilleure expérience utilisateur, prévention, baisse de l’absentéisme, accès facilité aux soins, efficacité de gestion, services intégrés et accompagnement au quotidien.
Dans cette logique, Alan ne veut pas être seulement un assureur. L’entreprise veut devenir un partenaire de santé capable de produire un gain clinique, un gain financier et un gain d’expérience.
L’optimisme méthodique comme philosophie de construction
L’une des notions les plus fortes de l’épisode est celle d’optimisme méthodique.
Construire une entreprise ambitieuse demande de croire que le futur peut être meilleur. Mais cet optimisme ne doit pas être naïf. Il doit s’accompagner de méthode, de travail, de rigueur, de priorisation et d’exécution.
L’optimisme méthodique consiste à regarder les problèmes sans les nier, puis à chercher comment les résoudre concrètement. C’est une posture très entrepreneuriale : ne pas se laisser paralyser par la complexité, mais ne pas la sous-estimer non plus.
Cette philosophie traverse tout le parcours de Jean-Charles Samuelian-Werve. Elle explique son goût pour les secteurs difficiles, sa volonté de transformer la santé, son attention à la culture et sa manière de construire Alan sur le long terme.
Ce que les dirigeants peuvent retenir de cet épisode
Cet épisode de BUILD offre plusieurs enseignements utiles aux entrepreneurs, dirigeants et managers.
D’abord, les marchés complexes peuvent cacher les plus grandes opportunités. Lorsqu’un secteur paraît bloqué, réglementé ou difficile, c’est souvent qu’il contient des problèmes importants à résoudre.
Ensuite, la croissance doit être guidée par une vision claire. L’écriture d’un plan, même imparfait, permet de donner un cap et d’organiser les étapes.
Troisièmement, la culture ne doit pas être traitée comme un sujet secondaire. Elle doit être pensée, écrite, incarnée et intégrée dans les mécanismes quotidiens.
Quatrièmement, l’autonomie ne fonctionne que si elle s’accompagne d’exigence, de feedback et de transparence.
Enfin, l’innovation dans la santé doit rester centrée sur la confiance. La technologie, l’IA et la data ne sont utiles que si elles servent réellement les personnes.
Pourquoi écouter l’épisode BUILD avec Jean-Charles Samuelian-Werve ?
Cet épisode s’adresse à toutes celles et ceux qui s’intéressent à la croissance, à la culture d’entreprise, à la santé numérique, au management, à l’intelligence artificielle et à la construction de scale-up.
Il permet de comprendre comment Alan s’est construite, comment son cofondateur pense la stratégie, comment il protège la culture à l’échelle et comment il imagine l’avenir du système de santé.
C’est un épisode particulièrement utile pour les dirigeants qui cherchent à grandir sans diluer leurs valeurs. Il montre qu’une entreprise peut viser une forte croissance tout en restant exigeante sur sa manière de travailler, de recruter, de décider et de servir ses clients.
Plus largement, il rappelle que construire une entreprise ambitieuse demande trois choses : une mission forte, une culture claire et une méthode d’exécution solide.
Écouter l’épisode complet de BUILD avec Jean-Charles Samuelian-Werve
Dans cet épisode de BUILD, Xavier Rodriguez reçoit Jean-Charles Samuelian-Werve, cofondateur d’Alan, pour parler de santé, de prévention, d’intelligence artificielle, de culture d’entreprise, de transparence radicale, de croissance et d’optimisme méthodique.
Écouter l’épisode complet de BUILD avec Jean-Charles Samuelian-Werve
pour découvrir comment Alan veut transformer l’assurance santé et construire une entreprise européenne durable, ambitieuse et fidèle à sa culture.