Joseph Choueifaty dans BUILD : réinventer la finance pour un avenir durable
La finance durable est-elle compatible avec la performance ? Peut-on vraiment investir sans financer les énergies fossiles ? Et comment éviter les discours marketing qui habillent de vert des produits qui ne changent pas grand-chose au fond ? Dans cet épisode de BUILD, Xavier Rodriguez reçoit Joseph Choueifaty, cofondateur de Goodvest, pour décrypter les grands enjeux de l’investissement responsable. Cet échange est comme une plongée dans la finance durable, le fonctionnement réel de l’ESG, la différence entre finance verte et greenwashing, ainsi que le modèle économique d’une fintech engagée.
Cet épisode est particulièrement intéressant parce qu’il ne se contente pas de défendre une cause. Il montre comment une entreprise peut associer ambition business, mission environnementale, pédagogie marché et exigence méthodologique. Joseph Choueifaty résume d’ailleurs le problème avec une formule forte : aujourd’hui, notre argent peut détruire le futur même qu’il est censé préparer.
Un épisode BUILD qui parle à la fois d’impact et de croissance
BUILD est le podcast business orienté croissance, leadership, entrepreneuriat et stratégies concrètes. Cet épisode s’inscrit parfaitement dans cette ligne, mais avec une particularité : ici, la croissance n’est pas opposée à l’impact. Elle en devient une condition. Peut-on concilier rendement et impact écologique ?
C’est ce qui rend l’échange avec Joseph Choueifaty particulièrement utile. Il ne défend pas une finance “vertueuse” dans l’absolu. Il explique comment créer un acteur capable d’orienter l’épargne vers des investissements plus cohérents avec les objectifs climatiques, tout en bâtissant une entreprise qui croît réellement. Dans BUILD, il assume d’ailleurs sans détour cette double ambition : mission écologique et opportunité business.
Le vrai point de départ de l’épisode : notre argent finance souvent l’inverse de ce que nous voulons
L’une des grandes forces de cet épisode tient à sa clarté pédagogique.
Joseph Choueifaty explique que le problème n’est pas seulement environnemental. Il est aussi profondément économique et culturel. Beaucoup d’épargnants veulent préparer leur avenir, sécuriser leur argent, voire lui donner du sens. Mais en pratique, ils ne savent pas toujours ce que finance réellement leur épargne. C’est ce constat qui a nourri la création de Goodvest pendant le Covid, à partir de lectures sur l’impact négatif de l’épargne classique et d’un constat de défiance des Français envers les acteurs traditionnels de la finance.
La page “raison d’être” de Goodvest formalise cette promesse de manière très nette : rendre l’investissement responsable accessible, avec des contrats alignés sur les objectifs de l’Accord de Paris.
Pourquoi cet épisode est utile même à ceux qui ne travaillent pas dans la finance
L’épisode ne s’adresse pas seulement aux spécialistes de l’investissement. Il parle aussi à tous les dirigeants et entrepreneurs confrontés à une problématique plus large : comment créer un marché quand celui-ci manque de repères ?
Dans BUILD, Joseph Choueifaty insiste sur un point majeur : en France, l’un des plus gros freins à l’investissement n’est pas la peur de tout perdre, mais le manque de connaissances et la complexité perçue des produits financiers. C’est pour cette raison que Goodvest a fait de la création de contenu un levier d’acquisition central. Autrement dit, l’entreprise n’a pas seulement vendu une offre. Elle a d’abord dû expliquer un univers, rassurer, éduquer et simplifier.
Ce passage rappelle qu’un bon produit ne suffit pas toujours. Dans certains marchés, il faut d’abord créer les conditions de compréhension qui permettront ensuite la conversion.
La pédagogie comme moteur de croissance
C’est l’un des enseignements les plus intéressants de l’épisode.
Joseph Choueifaty explique que Goodvest s’appuie sur plusieurs leviers de croissance, dont la création de contenu, les partenariats et l’acquisition directe. Dans l’épisode, il détaille un modèle où environ 30 % de l’acquisition vient de partenaires B2B2C, tandis que le reste repose sur le direct, l’organique et le payant. Mais il souligne surtout que le contenu joue un rôle plus profond que la simple visibilité : il réduit les freins, augmente la confiance et améliore la conversion.
Ce point fait écho à la logique de BUILD : grandir ne consiste pas seulement à vendre plus fort. Cela consiste souvent à rendre son marché plus lisible que les autres.
Ce que Joseph Choueifaty apporte dans cet épisode : de la clarté sur la finance durable
L’autre grande qualité de l’échange est d’apporter un cadre clair sur des notions souvent floues.
Plusieurs thèmes sont au programme de cet épisode de BUILD : ce qu’est réellement la finance durable, comment fonctionne l’investissement ESG, la différence entre finance verte et greenwashing, et les critères concrets pour analyser un portefeuille responsable.
Joseph Choueifaty explique que Goodvest s’est construit autour de deux piliers : une approche scientifique et transparente. Son idée est simple : si l’on montre clairement la méthodologie, les chiffres et les critères, on réduit mécaniquement le risque de greenwashing. Il insiste aussi sur le fait que les labels ne suffisent pas toujours, et qu’il faut souvent aller plus loin que les simples promesses marketing.
Le site de Goodvest revendique précisément cette différenciation : une méthodologie d’investissement présentée comme la première à respecter l’Accord de Paris tout en intégrant la biodiversité, à partir de données de Carbon4 Finance et de la CDC Biodiversité.
Un échange très fort sur le greenwashing et la rigueur
Le passage sur le greenwashing est sans doute l’un des plus marquants de l’épisode.
Dans BUILD, Joseph Choueifaty explique que Goodvest a analysé près de 8 000 fonds depuis sa création, et que très peu répondent réellement à un niveau d’exigence compatible avec l’ambition écologique affichée. Il souligne même que certains fonds présentés comme ESG ou durables conservent les énergies fossiles parmi leurs premières pondérations.
Ce point est corroboré par la page “raison d’être” de Goodvest, qui indique que l’entreprise a passé au crible 8 000 fonds pour n’en retenir qu’une cinquantaine alignés avec les objectifs de l’Accord de Paris.
Cette partie est importante parce qu’elle dépasse le seul cas Goodvest. Elle montre que, dans n’importe quel secteur, la différence entre une entreprise crédible et une entreprise opportuniste tient souvent à la profondeur du travail invisible.
Pourquoi cet épisode parle aussi de construction d’entreprise
Au-delà de la finance durable, cet épisode est aussi un épisode sur la construction d’une entreprise.
Joseph Choueifaty y raconte la naissance de Goodvest pendant son master, en plein Covid, puis la montée en puissance progressive de l’entreprise. Dans l’épisode, il explique avoir créé Goodvest à 23 ans, sans avoir connu de CDI auparavant, puis avoir mis environ un an à lancer le premier produit. Il évoque ensuite une trajectoire de croissance jusqu’à 100 millions d’euros sous gestion, plus de 10 000 clients et une équipe d’environ 30 personnes au moment de l’enregistrement.
Les pages officielles de Goodvest confirment plusieurs éléments de ce positionnement public, notamment l’existence de plus de 10 000 clients, l’alignement avec l’Accord de Paris et l’ambition de rendre l’investissement responsable accessible au plus grand nombre.
Un témoignage utile sur la croissance et le modèle économique
Ce qui rend cet épisode particulièrement intéressant pour les entrepreneurs, c’est qu’il ne reste pas au niveau des convictions.
Joseph Choueifaty parle aussi de collecte, de levée de fonds, de rentabilité, de coût d’acquisition et de développement client. Dans l’épisode, il explique que la croissance de Goodvest repose sur deux moteurs : l’acquisition de nouveaux clients et l’augmentation progressive des encours des clients existants, ce qui donne au modèle une dynamique très particulière. Il précise également que, dans son secteur, la levée de fonds était nécessaire pour lancer la machine, tout en cherchant à atteindre rapidement une rentabilité hors acquisition marketing.
Ce passage fait la valeur business de l’épisode. Il montre qu’une entreprise à impact ne peut pas se contenter d’avoir raison sur le fond. Elle doit aussi maîtriser son modèle économique avec autant de sérieux qu’une autre.
L’épisode montre aussi un dirigeant en apprentissage permanent
Autre point fort : la manière dont Joseph Choueifaty parle de lui-même comme dirigeant.
Il insiste dans l’épisode sur la remise en question permanente, le recours à plusieurs coachs, l’importance des mentors, et la nécessité de sortir de sa propre bulle pour prendre de meilleures décisions. Il explique même distinguer plusieurs formes d’accompagnement : un coaching métier, un coaching de dirigeant et un coaching plus orienté RH.
Cette dimension donne de la profondeur à l’épisode. Elle rappelle qu’un fondateur ne grandit pas seulement avec son entreprise. Il doit aussi apprendre à se structurer lui-même.
Pourquoi cet épisode BUILD mérite l’écoute
Cet épisode de BUILD relie vision, méthode et exécution.
Il parle de finance durable, mais aussi de pédagogie, de stratégie de croissance, de crédibilité, de construction de marque, de recrutement et de leadership. Il montre qu’un projet à impact peut être ambitieux sans renoncer à sa rigueur business. Et il rappelle que, dans les marchés complexes, la confiance se gagne par la clarté, la cohérence et la preuve. Cet épisode est un échange sur les critères concrets d’un portefeuille responsable, la différence entre finance verte et greenwashing, et les défis stratégiques d’une fintech engagée.
Pour un entrepreneur, un dirigeant, un marketeur, un investisseur ou un auditeur curieux de mieux comprendre les nouvelles formes de croissance à impact, cet épisode apporte une matière dense, utile et très bien incarnée.