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Joseph Choueifaty : parcours, vision et méthode d’un entrepreneur de la finance durable

Joseph Choueifaty fait partie de cette nouvelle génération d’entrepreneurs qui cherchent à concilier ambition business et impact réel. Cofondateur de Goodvest, il porte une vision claire : permettre aux particuliers d’investir de manière plus cohérente avec les objectifs climatiques, grâce à une offre alignée avec l’Accord de Paris et enrichie d’un critère biodiversité selon la méthodologie présentée par Goodvest. Dans BUILD, il raconte avoir lancé l’entreprise à 23 ans, pendant le Covid, sans être passé par un CDI, avec l’idée que l’épargne ne devait plus financer l’inverse du futur qu’elle prétend préparer. Le site de Goodvest présente de son côté l’entreprise comme une société à mission proposant des solutions d’épargne alignées avec l’Accord de Paris.

Ce qui rend son profil intéressant, ce n’est pas seulement la jeunesse du parcours. C’est la cohérence entre trois dimensions rarement bien articulées : la pédagogie, l’exigence méthodologique et la croissance. Dans BUILD, Joseph Choueifaty ne défend pas une finance durable abstraite. Il parle d’une entreprise qui doit convaincre, recruter, lever des fonds, structurer sa croissance et gagner la confiance sur un marché brouillé par le greenwashing.

Un entrepreneur précoce, lancé très tôt

Dans BUILD, Joseph Choueifaty raconte avoir grandi en région parisienne, avoir passé un bac S à Paris, puis être parti à l’École hôtelière de Lausanne. Il précise aussi que Goodvest est sa première “vraie boîte”, mais pas sa première expérience entrepreneuriale.

Ce point est important, car il éclaire sa relation à l’entrepreneuriat. Il ne se présente pas comme un financier au parcours classique. Il se présente plutôt comme quelqu’un qui a très tôt voulu créer, tester et construire. Cette dynamique ressort nettement de l’échange avec Xavier Rodriguez, où il explique qu’il a toujours eu envie de monter sa boîte.

Le déclic Goodvest pendant le Covid

Le moment fondateur de Goodvest arrive pendant le Covid. Joseph Choueifaty explique que le confinement a joué un rôle de déclencheur, à la fois parce qu’il permettait une forme de prise de recul et parce que l’épargne devenait un sujet très visible, les particuliers dépensant moins et se posant davantage de questions sur ce qu’ils faisaient de leur argent.

Dans le podcast, il formule alors le problème central avec beaucoup de clarté : nous épargnons pour préparer notre futur, mais notre argent peut aussi financer des activités qui détériorent ce même futur. C’est ce constat qui nourrit l’idée de Goodvest.

Une ambition assumée : business et mission à la fois

L’un des aspects les plus intéressants de son discours est sa franchise sur l’ambition.

Quand Xavier Rodriguez lui demande si Goodvest est d’abord une opportunité business ou une mission, Joseph Choueifaty répond très clairement : les deux. Il assume aimer la croissance, vouloir bâtir une entreprise ambitieuse, mais insiste sur le fait que cette croissance doit être responsable et répondre à un vrai problème.

Ce positionnement est structurant dans son portrait. Il évite deux caricatures : celle de l’entrepreneur “à impact” qui oublierait l’économie réelle, et celle du fondateur purement opportuniste qui verdirait son discours après coup. Chez lui, la mission écologique et l’ambition entrepreneuriale avancent ensemble.

Une vision claire de la finance durable

Joseph Choueifaty se distingue aussi par sa capacité à rendre un sujet complexe plus lisible.

Dans BUILD, il explique que la finance durable ne peut pas se contenter d’étiquettes vagues. Il insiste sur l’alignement avec l’Accord de Paris, sur la nécessité d’aller plus loin que certains labels, et sur l’ajout de critères biodiversité au sein de la méthodologie Goodvest. Le site de Goodvest affirme de son côté que sa méthodologie d’investissement est la première à respecter l’Accord de Paris tout en prenant en compte la biodiversité, à partir de données de Carbon4 Finance et de la CDC Biodiversité.

Cette cohérence entre son discours et le positionnement public de l’entreprise renforce sa crédibilité. Il ne parle pas d’écologie comme d’un supplément de communication. Il parle d’une méthode d’investissement qui cherche à être objectivable et compréhensible.

Un entrepreneur qui fait de la pédagogie un levier stratégique

L’un des passages les plus forts du podcast concerne le rôle de la pédagogie.

Joseph Choueifaty explique que, pour beaucoup de Français, le principal frein à l’investissement n’est pas d’abord la peur de tout perdre, mais le manque de connaissances et la complexité perçue des produits financiers. Il dit très clairement que Goodvest a cherché à transformer ce problème en opportunité en créant du contenu pour expliquer comment fonctionne l’argent investi.

Ce point en dit long sur sa méthode. Il ne pense pas la croissance uniquement en termes de tunnel d’acquisition. Il comprend que, sur certains marchés, il faut d’abord rendre le sujet intelligible. Cette approche est d’ailleurs cohérente avec la présence éditoriale de Goodvest, qui publie de nombreux contenus éducatifs autour de l’épargne et de l’investissement responsable.

Une approche très structurée de la croissance

Dans l’épisode, Joseph Choueifaty ne parle pas seulement de convictions. Il parle aussi de mécanique de croissance.

Il explique que Goodvest repose sur deux moteurs : l’acquisition de nouveaux clients et le développement des encours des clients existants. Dans l’épisode, il détaille le fait qu’un client peut commencer avec environ 9 000 à 10 000 euros, puis augmenter progressivement ses versements ou transférer d’autres produits, ce qui transforme la croissance dans le temps. Il ajoute qu’environ 30 % de l’acquisition provient de partenaires B2B2C, le reste venant du direct, de l’organique et du payant.

Cette manière de décrire le business est intéressante pour son portrait, parce qu’elle montre un dirigeant capable de lier vision et discipline économique. Il ne se contente pas de dire pourquoi Goodvest existe. Il explique aussi comment l’entreprise croît réellement.

La remise en question comme méthode de dirigeant

Autre élément marquant : son rapport à l’apprentissage.

Dans BUILD, Joseph Choueifaty raconte s’entourer de plusieurs coachs et mentors, chacun sur un sujet différent : métier, posture de dirigeant, RH. Il explique que la décision lui revient au final, mais que ces regards extérieurs sont essentiels pour ne pas rester enfermé dans la vision interne de l’entreprise.

Ce point est révélateur d’une qualité de dirigeant souvent sous-estimée : la capacité à organiser sa propre progression. Là encore, son discours est intéressant parce qu’il ne cherche pas à jouer le fondateur omniscient. Il revendique au contraire le fait d’être meilleur à plusieurs.

Son rapport à l’expertise : humilité et équipe

Joseph Choueifaty adopte aussi une posture assez saine sur la question de l’expertise.

Alors qu’il évolue dans un univers technique, il dit ne pas avoir la prétention de se présenter comme le spécialiste absolu de l’investissement vert. Il rappelle qu’il s’appuie sur une équipe dédiée, qui analyse les fonds, échange avec les sociétés de gestion et suit en continu l’actualité du secteur. Il mentionne notamment le travail d’analyse mené sur des milliers de fonds.

Cela renforce son portrait de dirigeant : il ne confond pas leadership et omniscience. Il semble au contraire chercher à construire une organisation crédible, capable de produire une expertise collective et non de dépendre uniquement de la parole du fondateur.

Une vision du recrutement fondée sur l’alignement

Même si le podcast insiste surtout sur la stratégie et la croissance, il laisse aussi entrevoir sa manière de penser les équipes.

Ce qui ressort de son témoignage, c’est l’importance de l’alignement entre le projet, la culture et les personnes. Son recours à des coachs, sa place accordée aux points de vue extérieurs et son insistance sur la pédagogie traduisent une vision du management où l’entreprise se construit dans la durée, avec méthode et discernement.

Un fondateur qui incarne bien Goodvest

Le profil de Joseph Choueifaty est particulièrement cohérent avec celui de Goodvest.

Le site officiel présente Goodvest comme une entreprise à mission proposant des solutions d’épargne alignées avec l’Accord de Paris, excluant notamment des secteurs jugés néfastes comme les énergies fossiles, l’armement ou le tabac. Dans le podcast, Joseph Choueifaty défend justement une finance plus lisible, plus exigeante sur la méthodologie et plus claire sur l’usage réel de l’argent investi.

Autrement dit, il n’incarne pas Goodvest seulement parce qu’il l’a cofondée. Il l’incarne parce que son discours, sa méthode et sa posture de dirigeant correspondent à la promesse publique de l’entreprise.

Ce qu’il faut retenir du parcours de Joseph Choueifaty

Le parcours de Joseph Choueifaty est intéressant parce qu’il réunit plusieurs dimensions très actuelles : l’envie d’entreprendre tôt, la recherche de sens, la rigueur business, la pédagogie comme levier de marché, et une vraie capacité à structurer sa progression comme dirigeant. Dans BUILD, il raconte avoir lancé Goodvest à 23 ans, pendant le Covid, puis fait grandir l’entreprise jusqu’à plus de 10 000 clients, environ 100 millions d’euros sous gestion au moment de l’échange et une équipe d’une trentaine de personnes.

Ce portrait montre surtout une chose : Joseph Choueifaty n’est pas seulement un entrepreneur “engagé”. Il est un entrepreneur qui cherche à rendre son engagement opérable, crédible et scalable. C’est ce qui fait de lui une figure intéressante de la finance durable aujourd’hui.

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