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Myrium : un groupe du bâtiment construit autour de la proximité et du long terme

Dans un secteur du bâtiment traversé par de profondes mutations, Myrium défend un modèle singulier : construire un groupe solide, ambitieux et décentralisé, tout en conservant la proximité des entreprises locales.

Présidé par Frédéric Viet, Myrium réunit aujourd’hui des entreprises spécialisées dans les métiers techniques du bâtiment, avec une conviction forte : l’avenir du secteur ne se jouera pas uniquement dans la construction neuve, mais aussi dans la capacité à entretenir, maintenir, rénover et transformer les bâtiments existants.

Dans un épisode de BUILD, le podcast animé par Xavier Rodriguez, Frédéric Viet revient sur l’histoire du groupe, son développement, son modèle d’organisation, sa stratégie de croissance externe et sa vision de la rénovation du bâtiment.

Myrium en quelques chiffres

Myrium a connu une croissance importante depuis l’arrivée de Frédéric Viet à sa tête en 2017.

À cette époque, le groupe réalise environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 2025, il dépasse les 420 millions d’euros, avec environ 1 600 collaborateurs et 31 entreprises.

Cette progression traduit une dynamique forte, portée à la fois par la croissance organique des entreprises du groupe et par des opérations de croissance externe.

Mais Frédéric Viet insiste sur un point : la croissance n’est pas une finalité en soi.

Pour Myrium, grandir n’a de sens que si cela permet de renforcer un projet industriel, humain et territorial. Le groupe ne cherche pas à additionner des entreprises pour faire du volume. Il cherche à construire un collectif cohérent, fondé sur des métiers utiles, une culture commune et une présence forte sur le terrain.

Cette approche distingue Myrium d’une logique purement financière. Le groupe veut croître, mais sans perdre ce qui fait la valeur de ses entreprises : leur proximité, leur autonomie et leur savoir-faire.

Un groupe né d’une entreprise familiale centenaire

Avant de devenir Myrium, le groupe s’appelait Rougnon.

Il s’agissait d’une entreprise familiale centenaire, transmise sur trois générations. Lorsque la quatrième génération ne reprend pas l’entreprise, se pose alors une question essentielle : comment assurer l’avenir du groupe, préserver son indépendance et transmettre un projet qui ne repose plus uniquement sur une famille fondatrice ?

C’est dans ce contexte que Frédéric Viet rejoint le groupe en 2017.

Il prend la direction opérationnelle, puis organise la transmission capitalistique. Cette étape marque une transformation profonde : le groupe familial devient progressivement un collectif plus large, structuré autour de ses entreprises, de ses dirigeants, de ses collaborateurs et de son actionnariat salarié.

Le changement de nom accompagne cette évolution.

Myrium évoque une “myriade d’hommes”. Ce nom traduit l’idée d’un groupe construit par une multitude de femmes et d’hommes, répartis dans différentes entreprises, mais réunis autour d’un même projet.

Ce n’est donc pas un simple rebranding. C’est un symbole de transmission, d’ouverture et de passage vers un nouveau cycle.

Que fait Myrium ?

Frédéric Viet résume la mission de Myrium en une phrase : “on s’occupe des bâtiments.”

Cette formule simple recouvre une réalité très large.

Myrium intervient sur les bâtiments existants pour les entretenir, les maintenir, les réparer, les moderniser, les transformer et les adapter aux besoins actuels.

Un bâtiment n’est pas un objet figé. Il a une vie. Il vieillit, il s’use, il change d’usage, il doit être mis aux normes, il doit consommer moins, il doit répondre à de nouvelles attentes.

Un immeuble de bureaux peut devoir être transformé.

Une toiture peut arriver en fin de vie.

Une chaufferie peut devoir être remplacée.

Une façade peut nécessiter un ravalement.

Des installations techniques doivent être maintenues.

Des logements doivent être améliorés.

Des bâtiments anciens doivent être adaptés à de nouveaux usages.

C’est dans cet univers que Myrium se positionne : celui du temps long du bâtiment.

Le groupe ne travaille pas seulement sur l’énergie ou la technique. Il travaille sur la capacité des bâtiments à continuer à être utiles, performants et adaptés.

Un modèle décentralisé : garder les entreprises, les marques et les dirigeants

L’une des particularités de Myrium est son modèle décentralisé.

Frédéric Viet le rappelle clairement dans BUILD : Myrium est un vrai groupe, avec une stratégie commune, un actionnariat commun, des valeurs communes et des outils communs. Mais ce groupe repose sur des entreprises locales qui conservent une forte autonomie.

Lorsqu’une entreprise rejoint Myrium, l’objectif n’est pas de l’absorber dans une structure uniforme. L’objectif est de préserver ce qui fait sa force : son nom, son ancrage territorial, ses dirigeants, ses équipes, ses clients et son savoir-faire.

Pourquoi ce choix ?

Parce que les métiers du bâtiment sont des métiers de proximité.

Chaque projet est différent. Chaque bâtiment a ses contraintes. Chaque client a ses attentes. Chaque territoire possède ses habitudes, ses acteurs, ses normes implicites et ses réalités opérationnelles.

Dans ces conditions, une organisation trop centralisée risquerait d’éloigner la décision du terrain.

Myrium fait donc le choix inverse : laisser les entreprises locales agir, décider et porter leur relation client.

Cette autonomie est une force. Elle permet de garder l’agilité d’une PME, tout en bénéficiant de la solidité d’un groupe.

Le socle commun : stratégie, valeurs, pilotage économique et sécurité

Décentraliser ne veut pas dire laisser chaque entreprise partir dans sa propre direction.

Frédéric Viet explique dans l’épisode que l’enjeu d’un groupe comme Myrium est de trouver le bon équilibre entre ordre et désordre.

Trop d’ordre tue l’initiative.

Trop de désordre empêche la cohérence.

Pour maintenir cet équilibre, Myrium s’appuie sur un socle commun.

Le premier élément est la stratégie. Le groupe partage une vision de ses métiers, de ses territoires, de ses clients et de son développement.

Le deuxième est le pilotage économique. Dans un groupe composé de nombreuses entreprises, il est indispensable que tout le monde parle le même langage : chiffre d’affaires, marge, résultat, maintenance, travaux, indicateurs de performance. Cette clarté permet de piloter sans étouffer.

Le troisième est la sécurité. Dans les métiers du bâtiment, c’est un sujet central. Myrium a mené un travail important pour renforcer la culture sécurité. Frédéric Viet indique que le groupe a divisé par presque trois la fréquence des accidents du travail en quelques années.

Le quatrième est la culture.

Pour Myrium, les valeurs communes sont plus puissantes que des procédures trop nombreuses. La proximité client, la qualité du travail, l’attention portée aux équipes et le sens du collectif doivent être vécus concrètement dans les entreprises.

C’est cette culture partagée qui permet au groupe de rester cohérent sans devenir bureaucratique.

La rénovation énergétique selon Myrium : pragmatisme avant dogme

La rénovation énergétique est un sujet incontournable dans le bâtiment.

Mais Frédéric Viet défend une approche très pragmatique. Pour lui, il ne faut pas regarder les bâtiments uniquement avec les lunettes de l’énergie.

Un bâtiment doit être compris dans sa globalité : son état, son âge, sa structure, son usage, son esthétique, son potentiel de transformation, ses contraintes techniques, sa localisation et les besoins du territoire.

Cette approche change la manière de penser la rénovation.

Par exemple, isoler une façade par l’extérieur peut être pertinent si un ravalement doit être fait. Mais si le ravalement a déjà été réalisé récemment, revenir immédiatement sur la façade peut devenir un gaspillage économique.

De la même manière, lorsqu’une toiture arrive en fin de vie, c’est le bon moment pour améliorer l’isolation. Quand une chaufferie doit être remplacée, c’est le bon moment pour étudier une solution plus performante : pompe à chaleur, réseau de chaleur, chaudière plus efficace ou autre dispositif adapté.

La bonne rénovation n’est donc pas une recette standard.

Elle dépend du bon moment, du bon bâtiment et du bon geste.

Frédéric Viet parle d’un travail de dentelle : il faut regarder chaque bâtiment comme un cas particulier.

Faire durer l’existant : un enjeu majeur pour l’avenir du bâtiment

L’avenir du bâtiment ne peut pas reposer uniquement sur le neuf.

La construction neuve traverse une crise profonde. Le foncier est rare. Les besoins en logement sont importants. L’artificialisation des sols devient un enjeu majeur. Et les bâtiments existants représentent déjà une quantité considérable de matériaux, d’énergie, de carbone et de valeur.

Pour Myrium, la question centrale devient donc : comment faire durer ce qui existe déjà ?

Faire durer ne signifie pas conserver à tout prix.

Certains bâtiments doivent être rénovés.

D’autres doivent être transformés.

Certains peuvent changer d’usage.

D’autres doivent être partiellement reconstruits.

Parfois, la démolition reste la meilleure option lorsque le bâtiment n’a plus de potentiel technique ou fonctionnel.

Mais l’idée directrice est claire : avant de construire ailleurs, il faut regarder ce qui peut être amélioré, transformé ou réutilisé.

Cette logique répond à plusieurs enjeux : réduire l’empreinte carbone, limiter l’artificialisation des sols, préserver la valeur patrimoniale, répondre aux besoins urbains et adapter les bâtiments aux usages d’aujourd’hui.

Une croissance externe fondée sur la compatibilité culturelle

Myrium s’est développé grâce à la croissance organique, mais aussi grâce à l’intégration de nouvelles entreprises.

Depuis 2017, le groupe a réalisé de nombreuses opérations de croissance externe. Pourtant, Frédéric Viet refuse de faire du build-up un objectif en soi.

Pour lui, une acquisition ne doit jamais être une simple addition de chiffre d’affaires.

Le premier critère est la culture.

Une entreprise qui rejoint Myrium doit partager des convictions fortes : proximité avec les clients, qualité du travail, attention aux personnes, responsabilité des équipes, ancrage local et vision long terme.

Si ce socle n’est pas là, l’opération peut être risquée, même si les chiffres sont attractifs.

Dans le bâtiment, une entreprise repose souvent sur une histoire, une réputation, des femmes et des hommes, une manière de travailler, une relation client. Si l’intégration détruit ces éléments, le groupe perd plus qu’il ne gagne.

C’est pourquoi Myrium privilégie une croissance externe sélective.

L’enjeu n’est pas d’aller vite à tout prix. L’enjeu est d’intégrer les bonnes entreprises, au bon moment, avec le bon projet commun.

L’actionnariat salarié : faire des collaborateurs des acteurs du projet

Un autre pilier du modèle Myrium est l’actionnariat salarié.

La transmission du groupe ne s’est pas faite uniquement vers un dirigeant ou un investisseur. Elle s’est construite avec une volonté d’associer les collaborateurs au capital.

Cette démarche traduit une conviction forte : l’entreprise est construite par celles et ceux qui y travaillent.

Dans un groupe de métiers techniques, cette idée a une résonance particulière. Ce sont les équipes de terrain qui réalisent les chantiers, maintiennent les installations, interviennent chez les clients, assurent la qualité et la sécurité.

Les associer à la valeur créée permet de renforcer l’engagement, la responsabilité et le sentiment d’appartenance.

L’actionnariat salarié n’est donc pas seulement un mécanisme financier. C’est un choix culturel.

Il oblige le groupe à plus de transparence.

Il inscrit les décisions dans le temps long.

Il aligne les intérêts des collaborateurs et de l’entreprise.

Il donne du sens au collectif.

Le nom Myrium prend ici tout son sens : un groupe construit par une myriade de personnes engagées dans un projet commun.

Un groupe qui valorise les métiers techniques

Myrium évolue dans des métiers parfois moins visibles que la construction neuve, mais essentiels au fonctionnement des bâtiments.

Maintenance, chauffage, couverture, plomberie, électricité, enveloppe du bâtiment, rénovation, interventions techniques : ces métiers demandent de la compétence, de l’expérience et une forte responsabilité.

Frédéric Viet insiste sur l’importance des métiers de terrain.

Dans le bâtiment, ce sont les techniciens, les compagnons, les conducteurs de travaux, les chefs d’équipe et les dirigeants locaux qui font la différence. Ils sont au contact des clients et des bâtiments. Ils voient les problèmes, trouvent les solutions, adaptent les gestes et portent la qualité du travail.

Cette vision est importante à un moment où de nombreux secteurs peinent à recruter.

Pour Myrium, les métiers techniques sont des métiers d’avenir. Ils répondent à des besoins concrets, durables et non délocalisables : entretenir, réparer, transformer et faire durer les infrastructures du quotidien.

Ce que Myrium révèle de l’avenir du bâtiment

L’histoire et le modèle de Myrium racontent une évolution plus large du secteur.

Pendant longtemps, le bâtiment a été largement associé à la construction neuve. Demain, une part croissante de la valeur se jouera dans l’existant.

Il faudra maintenir les bâtiments.

Les rendre plus performants.

Les adapter aux nouveaux usages.

Transformer des bureaux en logements lorsque cela a du sens.

Limiter l’artificialisation des sols.

Réduire les consommations énergétiques.

Préserver le patrimoine quand il a de la valeur.

Repenser les bâtiments comme des actifs vivants.

Cette transformation demande des compétences techniques, une grande proximité terrain et une capacité à faire du sur-mesure.

C’est exactement le positionnement de Myrium : un groupe capable de fédérer des entreprises locales, de préserver leur autonomie et de les inscrire dans un projet commun.

Pourquoi écouter l’épisode de BUILD avec Frédéric Viet ?

L’épisode de BUILD avec Frédéric Viet permet de comprendre les coulisses de Myrium, mais aussi les grands enjeux du bâtiment aujourd’hui.

On y parle de croissance externe, de transmission, d’actionnariat salarié, de rénovation énergétique, de sécurité, de culture d’entreprise, de modèle décentralisé et de métiers techniques.

Pour les dirigeants du bâtiment, c’est un retour d’expérience précieux sur la manière de construire un groupe sans écraser les entreprises qui le composent.

Pour les entrepreneurs, c’est une réflexion sur la croissance, la culture et le long terme.

Pour les acteurs de la rénovation, c’est une invitation à sortir des solutions toutes faites pour regarder chaque bâtiment dans sa singularité.

Pour les salariés et futurs talents du secteur, c’est aussi un message fort : les métiers techniques ont de la valeur, du sens et un rôle majeur à jouer dans les années à venir.

Écouter l’épisode complet de BUILD avec Frédéric Viet

Dans cet épisode, Xavier Rodriguez reçoit Frédéric Viet, président de Myrium, pour parler bâtiment, rénovation, croissance externe, actionnariat salarié et transformation de l’existant.

Un échange à écouter pour comprendre comment Myrium construit un modèle de groupe décentralisé, responsable et durable.

Retrouvez l’épisode complet de BUILD avec Frédéric Viet sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes d’écoute.

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