Pierre Garonnaire : parcours, vision et méthode d’un entrepreneur de la creator economy
Pierre Garonnaire fait partie de ces entrepreneurs qui ont construit leur trajectoire par étapes, en accumulant très tôt une compréhension concrète du digital, de l’acquisition et des modèles de revenus. Dans son échange avec Xavier Rodriguez (PDG du Groupe Jarnias) pour BUILD, il revient sur un parcours qui passe par le droit, l’EM Lyon, un premier projet entrepreneurial, puis plusieurs années dans la publicité mobile avant la création de MYM avec Gaspard Hafner. Ce parcours éclaire bien sa manière de penser la creator economy : comme un marché où la création de valeur doit être mieux redistribuée aux créateurs, avec un modèle plus direct, plus assumé et mieux structuré.
Ce qui rend son profil intéressant, ce n’est pas seulement la croissance de MYM. C’est la cohérence entre son parcours, sa lecture du marché et sa manière de piloter une plateforme sur un terrain à la fois très porteur et très exposé. Dans BUILD, Pierre Garonnaire insiste sur plusieurs principes forts : permettre aux créateurs de vivre de leur passion, encadrer la plateforme avec des règles claires, assumer un modèle économique concret, et ne jamais confondre vitesse et précipitation.
Un parcours peu académique, mais très orienté terrain
L’un des premiers éléments marquants de son portrait est le caractère peu linéaire de son parcours.
Dans BUILD, Pierre Garonnaire explique venir de la Loire, avoir suivi des études de droit international à Lyon 3, puis être passé par l’EM Lyon. Il raconte aussi avoir très tôt cherché à entreprendre, avec un premier projet incubé, avant même MYM.
Ce point est important parce qu’il donne le ton du personnage. Son parcours n’est pas celui d’un fondateur “formaté” par une seule école ou un seul secteur. Il se construit par essais successifs, par exposition au réel et par une envie manifeste de monter des projets.
Le premier apprentissage : entreprendre, échouer, recommencer
Comme souvent dans les parcours solides, il y a une première expérience fondatrice avant la réussite visible.
Dans BUILD, Pierre Garonnaire évoque un premier projet entrepreneurial incubé, qui finit par être liquidé. Ce passage est intéressant parce qu’il n’est pas raconté comme une parenthèse honteuse, mais comme une étape normale d’apprentissage.
Cela éclaire déjà un trait de sa méthode : avancer, tester, comprendre vite, puis repartir avec davantage de lucidité. Ce n’est pas anecdotique. Cette capacité à tirer des leçons opérationnelles de ses expériences précédentes semble structurer toute la suite de son parcours.
Les années publicité mobile : une école de la performance
Avant MYM, Pierre Garonnaire passe plusieurs années dans la publicité mobile. Et ce passage compte beaucoup.
Dans BUILD, il explique avoir travaillé dans un univers très orienté acquisition, performance, publishers, ROI et monétisation. Il fait lui-même le parallèle avec ce qu’il fera ensuite chez MYM : à l’époque, il aidait déjà des acteurs à générer des revenus à partir de leur audience.
Cette étape est essentielle pour comprendre son profil. Elle lui donne une lecture très concrète du digital. Pas une lecture théorique ou “marketing” au sens flou du terme, mais une lecture chiffrée, orientée résultat, arbitrage, coût d’acquisition et promesse de revenus.
C’est probablement là que se forge une partie de sa capacité à penser MYM comme une vraie machine économique, et pas seulement comme un produit tendance.
La naissance de MYM avec Gaspard Hafner
Le basculement vers MYM arrive à la fin de l’année 2018.
Dans l’échange, Pierre Garonnaire raconte la création de la plateforme avec Gaspard Hafner, le démarrage à deux, le recrutement des premiers créateurs via Instagram, puis les premiers signaux de traction. Il précise aussi que la société a été rentable dès le premier jour, ce qui est un élément particulièrement structurant dans sa manière de piloter la suite.
Ce passage dit beaucoup de son approche entrepreneuriale. Il ne semble pas avoir voulu construire MYM comme une entreprise dépendante, dès le départ, d’un récit spéculatif ou d’une croissance artificiellement financée. L’idée de départ repose sur une logique simple : connecter créateurs et audience dans un modèle où la valeur peut être monétisée directement.
Une vision claire de la creator economy
L’un des grands intérêts du portrait de Pierre Garonnaire est la clarté de sa lecture du marché.
Dans BUILD, il présente la creator economy comme un mouvement de fond, dans lequel les créateurs cherchent à vivre davantage de leur communauté que des modèles purement publicitaires. La plateforme devient alors un outil d’autonomie économique. Elle permet aux talents de ne pas dépendre uniquement des algorithmes, des sponsors ou des plateformes qui captent l’essentiel de la valeur.
Cette vision est importante parce qu’elle place le créateur au centre du système économique. Pierre Garonnaire ne parle pas simplement de contenus ou d’audience. Il parle de redistribution, de revenus et de souveraineté créateur.
Permettre aux créateurs de vivre de leur passion
C’est sans doute l’idée la plus structurante de son discours.
Dans l’épisode, Pierre Garonnaire formule explicitement la promesse de MYM : permettre aux créateurs de vivre de leur passion. Cette phrase n’est pas un slogan vide. Elle résume un modèle dans lequel la plateforme n’est pas censée remplacer les créateurs, mais leur donner les moyens de mieux monétiser leur travail.
Ce point est central dans son portrait, car il éclaire sa manière de concevoir l’entreprise. La plateforme n’est pas là pour capter toute la valeur. Elle doit en redistribuer une large partie et rendre le modèle soutenable pour ceux qui produisent.
Une ligne de conduite nette sur l’encadrement
Le parcours de Pierre Garonnaire est aussi intéressant parce qu’il montre un dirigeant conscient des zones de tension de son marché.
Dans BUILD, il insiste à plusieurs reprises sur le fait que MYM se veut une plateforme universelle, mais encadrée. Il défend le principe de pas d’anonymat, de KYC, de vérification d’identité, de majorité des utilisateurs et de modération. Il explique que l’idée n’est pas de nier certains usages, mais de les encadrer sérieusement.
Ce point est décisif, car il dit quelque chose de sa posture de dirigeant. Pierre Garonnaire n’essaie pas de construire une entreprise en faisant semblant que les sujets sensibles n’existent pas. Il les traite comme des sujets de responsabilité, de conformité et de structure.
Une lecture lucide de l’image publique de MYM
L’autre aspect fort de son portrait est sa lucidité sur la perception externe de la marque.
Dans l’échange, il reconnaît que MYM a été fortement associée au contenu adulte dans l’espace public, tout en expliquant que la réalité est plus large. Il précise que plus de 50 % des créateurs produisent des contenus lifestyle ou non adultes, représentant environ la moitié du chiffre d’affaires.
Ce passage est important, car il montre un dirigeant capable de tenir deux idées en même temps : reconnaître la perception publique sans la nier, et rappeler les faits pour éviter les raccourcis. Cette capacité à gérer la tension entre réputation et réalité est un élément fort de son profil.
Une manière prudente de piloter la croissance
L’un des traits les plus marquants de Pierre Garonnaire est sans doute son rapport à la croissance.
Dans BUILD, il parle de prudence financière, d’autofinancement, de structuration progressive, de poids des coûts invisibles comme les paiements ou la modération, et de nécessité de bâtir une organisation solide avant d’accélérer davantage. Il évoque aussi la mise en place d’un COMEX, signe d’une prise de décision plus structurée et plus collective à mesure que l’entreprise grandit.
Cette approche est intéressante parce qu’elle tranche avec une partie de l’imaginaire startup. Ici, la croissance n’est pas présentée comme une course aveugle. Elle est pensée comme un équilibre entre opportunité de marché et maîtrise des fondamentaux.
Du fondateur au dirigeant structuré
Le portrait de Pierre Garonnaire dans BUILD montre aussi une évolution de posture.
Au départ, il y a le cofondateur qui lance une plateforme avec peu de moyens, en recrutant ses premiers créateurs de manière artisanale. Puis apparaît progressivement un dirigeant qui doit piloter des enjeux de réputation, de conformité, de structuration managériale, d’internationalisation et de gouvernance.
Une vision de marché plus mature que les clichés
Ce qui ressort aussi très bien de son intervention, c’est une forme de maturité sur la creator economy.
Pierre Garonnaire ne traite pas ce marché comme un simple effet de mode. Il en parle comme d’une économie avec ses marges, ses coûts, ses contraintes réglementaires, ses opportunités d’internationalisation et ses défis d’image.
Cette posture renforce sa crédibilité. Elle le positionne moins comme un fondateur “tendance” que comme un entrepreneur qui comprend la complexité réelle de son industrie.
Pourquoi son profil incarne bien MYM
Le parcours de Pierre Garonnaire incarne assez naturellement ce qu’est devenue MYM.
Il y a chez lui un mélange de compréhension produit, d’expérience acquisition, de discipline business et de conscience des enjeux de plateforme. Son parcours dans la publicité mobile l’a préparé à penser la monétisation. Son expérience entrepreneuriale l’a préparé à la résilience. Et sa manière de parler de MYM montre qu’il pense la creator economy autant comme un marché que comme une responsabilité.
Autrement dit, il n’incarne pas MYM seulement parce qu’il l’a fondée. Il l’incarne parce que sa lecture du marché, sa méthode et son style de pilotage correspondent à la réalité du modèle.
Ce qu’il faut retenir du parcours de Pierre Garonnaire
Le parcours de Pierre Garonnaire est intéressant parce qu’il relie plusieurs dimensions rarement bien articulées : l’entrepreneuriat, la performance digitale, la creator economy, la redistribution de valeur aux créateurs et la structuration d’une plateforme dans un environnement sensible. Dans BUILD, il revient sur ses études, ses premiers projets, ses années dans la publicité mobile, la création de MYM, puis la croissance d’un modèle devenu central dans l’économie des créateurs.
Ce portrait montre surtout une chose : derrière le cofondateur de MYM, il y a un dirigeant qui cherche à bâtir un modèle durable dans un secteur souvent caricaturé. C’est ce qui fait de lui une figure intéressante de la creator economy aujourd’hui.