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Simon Bernard : parcours, vision et méthode d’un entrepreneur-explorateur au service de Plastic Odyssey

Simon Bernard incarne un profil rare, à la croisée de l’exploration, de l’ingénierie frugale et de l’entrepreneuriat à impact. Cofondateur et CEO de Plastic Odyssey, il porte une vision très concrète de la lutte contre la pollution plastique : agir à la source, documenter les solutions utiles, les diffuser en open source et les rendre économiquement viables. Le site officiel de Plastic Odyssey le présente comme cofondateur et CEO, ancien officier de la marine marchande et passionné de solutions environnementales depuis toujours.

Dans BUILD, il se définit lui-même comme entrepreneur, explorateur, rêveur, et cette formule résume assez bien son positionnement. Il ne parle pas de l’écologie depuis une posture militante abstraite. Il parle d’un projet qui doit fonctionner, se financer, convaincre, tenir dans la durée et produire un impact mesurable.

Un profil façonné très tôt par l’invention et l’autonomie

L’un des aspects les plus intéressants du parcours de Simon Bernard, c’est l’ancienneté de certaines intuitions qui structurent aujourd’hui Plastic Odyssey.

Dans l’épisode, il explique avoir toujours été fasciné par les systèmes, les inventions, les objets utiles et les façons intelligentes de faire plus avec moins. Il évoque aussi une enfance marquée par des formes de sobriété concrète, comme le camping sauvage, l’autonomie matérielle et la recherche de solutions simples.

Ce point compte, car il permet de comprendre que son intérêt pour le low-tech, pour la frugalité et pour les solutions réplicables n’est pas venu après coup, sous l’effet d’une mode climatique. Il s’inscrit dans une continuité personnelle.

La mer comme école du réel

Le site officiel de Plastic Odyssey présente Simon Bernard comme un ancien officier de la marine marchande. Cet élément n’est pas anecdotique. Il éclaire la manière dont il semble aborder les projets : avec une attention forte aux contraintes matérielles, aux systèmes embarqués, aux environnements complexes et à la coopération en conditions réelles.

Dans BUILD, cette expérience maritime affleure sans cesse dans sa manière de raisonner. Il parle du bateau, bien sûr, mais aussi des logiques de flux, des côtes, des ports, des territoires, de la vie en équipage et de la robustesse concrète des solutions.

Chez lui, l’écologie semble donc passer d’abord par une compréhension du terrain, pas par un discours théorique.

Pourquoi il se présente comme entrepreneur, pas comme militant

C’est probablement l’un des traits les plus différenciants de son portrait.

Simon Bernard insiste sur le fait qu’il se vit d’abord comme un entrepreneur. Cela ne signifie pas qu’il soit moins sensible à la cause environnementale. Cela signifie qu’il refuse de penser l’impact sans modèle. Son point de départ n’est pas “comment dénoncer ?”, mais “comment faire fonctionner une solution qui pourra réellement être répliquée ?”

Cette posture explique beaucoup de choses dans Plastic Odyssey : l’importance des sponsors, le souci de la rentabilité locale, les KPI très concrets, et le fait de vouloir créer des systèmes qui continuent à vivre même sans présence permanente des fondateurs.

Le moment Plastic Odyssey : une ambition démesurée sans réseau établi

L’un des éléments les plus forts de son témoignage est le contraste entre l’ampleur du projet et les moyens de départ.

Simon Bernard raconte qu’il fallait convaincre des partenaires de financer une aventure à plusieurs millions d’euros alors qu’il ne disposait ni d’un grand réseau, ni d’une notoriété installée, ni d’un capital relationnel naturel. Il explique que la difficulté n’était pas seulement de rêver grand, mais de devenir crédible assez vite pour faire exister ce rêve dans le réel.

Ce passage est très révélateur de son parcours. Il montre un entrepreneur qui ne s’est pas contenté d’avoir une belle vision. Il a dû apprendre à rendre cette vision finançable, compréhensible et rassurante.

Son rapport à la crédibilité : prouver avant de convaincre

Dans BUILD, Simon Bernard parle de la crédibilité comme d’un enjeu central.

Il explique que Plastic Odyssey a dû avancer par preuves successives : petits démonstrateurs, premières mises en lumière, premiers soutiens tangibles, jusqu’à ce que le projet commence à être pris au sérieux. Il évoque notamment l’importance de certains jalons médiatiques ou symboliques dans la construction de cette crédibilité.

C’est un point très fort dans son portrait. Il rappelle que, dans les projets d’impact ambitieux, la vérité ne suffit pas. Il faut aussi réussir à faire croire que ce que l’on porte est possible.

Une vision très personnelle du low-tech

L’autre grande force de Simon Bernard tient à sa manière de parler du low-tech.

Pour lui, il ne s’agit pas d’un style ou d’une nostalgie. Il s’agit d’une logique d’efficacité. Dans l’épisode, il valorise les systèmes simples, réparables, appropriables localement et peu dépendants d’infrastructures lourdes. Il insiste aussi sur l’idée qu’il existe déjà beaucoup de solutions utiles sur le terrain, mais qu’elles restent trop peu visibles, trop peu documentées ou trop peu transférables.

Cette approche explique très bien la philosophie de Plastic Odyssey : ne pas inventer pour inventer, mais rendre transmissible ce qui fonctionne déjà.

L’open source comme méthode de diffusion, pas comme posture idéologique

Simon Bernard développe aussi une lecture très claire de l’open source.

Dans BUILD, il compare presque Plastic Odyssey à une sorte de “Wikipédia du recyclage”, dans le sens où le projet cherche à collecter, documenter et diffuser des savoir-faire utiles pour éviter à chacun de repartir de zéro.

Ce point est important, car il distingue son approche de certains projets technologiques fermés. L’open source, chez lui, n’est pas d’abord un geste symbolique. C’est un accélérateur de diffusion et un levier d’efficacité collective.

Deux KPI qui résument sa pensée : tonnes recyclées et emplois créés

S’il fallait condenser sa vision en quelques indicateurs, l’épisode en donne deux très parlants.

Simon Bernard explique que les KPI essentiels de Plastic Odyssey sont les tonnes de plastique recyclées et les emplois créés.

Ces deux indicateurs disent beaucoup de sa manière d’aborder l’impact :

  • l’impact doit être mesurable ;
  • il doit être localement utile ;
  • et il doit articuler environnement et économie.

Autrement dit, il ne suffit pas d’éviter un mal. Il faut aussi créer des conditions positives pour les territoires.

Un style de leadership fondé sur l’énergie plus que sur le management classique

Dans BUILD, Simon Bernard parle aussi de son rapport au leadership.

Il explique ne pas être un manager “classique” au sens procédural du terme, mais davantage un leader capable d’embarquer, d’inspirer et de faire avancer un collectif autour d’une mission forte. Il insiste aussi sur l’importance de la sélection humaine, en particulier dans un projet où la vie collective à bord compte autant que la compétence technique.

Cette dimension est importante dans son portrait. Elle montre un dirigeant porté par l’énergie du projet, mais conscient aussi que cette énergie doit s’incarner dans des équipes capables de tenir dans des conditions inhabituelles.

La résilience comme composante normale du parcours

L’un des aspects les plus marquants de son témoignage, c’est la place donnée aux échecs et aux détours.

Simon Bernard revient sur l’arnaque autour du bateau, les années perdues, les difficultés de route, l’épuisement, le burn-out d’un associé et la nécessité de continuer malgré tout.

Ce passage renforce beaucoup la crédibilité de son profil. Il montre un entrepreneur qui ne se contente pas de parler d’impact depuis les réussites visibles, mais aussi depuis les zones grises, les erreurs et les retards.

Pourquoi son profil incarne Plastic Odyssey

Le parcours de Simon Bernard est particulièrement cohérent avec ce qu’est devenu Plastic Odyssey.

On retrouve chez lui plusieurs dimensions qui structurent directement l’organisation :

  • le goût de l’exploration ;
  • la recherche de systèmes simples ;
  • la volonté de diffuser plutôt que de posséder ;
  • l’attention au modèle économique ;
  • et le refus d’un impact purement déclaratif.

Autrement dit, il n’incarne pas Plastic Odyssey seulement parce qu’il l’a cofondée. Il l’incarne parce que sa manière de penser le monde, les systèmes et l’impact correspond exactement à la logique du projet.

Ce qu’il faut retenir du parcours de Simon Bernard

Simon Bernard n’est pas seulement un fondateur de projet environnemental. Il est un entrepreneur qui cherche à rendre l’impact concret, diffusable et économiquement soutenable. Son parcours mêle la mer, l’invention, la sobriété, la preuve par le terrain et la volonté de documenter des solutions qui peuvent être reprises ailleurs. Le site officiel de Plastic Odyssey le présente comme cofondateur et CEO, ancien officier de la marine marchande.

Dans BUILD, son témoignage montre surtout une chose : la lutte contre la pollution plastique n’a pas besoin de slogans supplémentaires. Elle a besoin de gens capables de transformer une intuition juste en système reproductible. Et c’est précisément ce qui rend le profil de Simon Bernard particulièrement intéressant.

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